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Vague de violence contre les travailleuses du sexe au quartier Nord « La prochaine ne survivra pas ! »
Le quartier Nord à Bruxelles, situé sur la commune de Saint-Josse, est de nouveau le théâtre d’une violence inouïe et insoutenable, dans la plus grande indifférence et le plus grand des silences.
Mercredi 30 octobre aux alentours de 21h30, une travailleuse du sexe (TDS) de 65 ans a été agressée dans sa « carrée » par deux hommes venus pour voler sa recette. Agression durant laquelle elle sera rouée de coups pendant que les agresseurs lui disent « on va te tuer maintenant ! ». Si une voisine n’avait pas entendu les cris et n’était pas intervenue, notre collègue n’aurait pas pu nous raconter cette histoire elle-même.
La police mettra une heure pour arriver sur place, prétextant « d’autres priorités», d’après sa porte-parole. Pourtant, les agressions et violences faites aux femmes sont une priorité en Belgique. Les TDS ne seraient-elles pas des femmes, mais seulement des putes ?
Une nouvelle agression contre une TDS a eu lieu, ce jeudi 8 novembre, aux alentours de 6h du matin. L’agresseur se fera d’abord passer pour un client, pour rapidement menacer et agresser notre collègue avec un couteau.
L’une comme l’autre sont traumatisées par ce qui leur est arrivé, incapables mentalement et physiquement de reprendre le travail, mais le pire pour toutes les femmes de ce quartier reste l’inaction invraisemblable des pouvoirs communaux. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme. Tant UTSOPI que les autres associations de terrain alertent de longue date les autorités sur la situation du quartier Nord qui se dégrade de jour en jour, laissant place à toutes les incivilités, aux marchands de sommeil, au trafic de drogues et d’armes, et cela à ciel ouvert, pas seulement la nuit, mais aussi en pleine journée.
La police locale, en plus de mettre un temps interminable pour arriver sur place lors de chaque agression, ne se montre guère coopérante. Pourquoi ces « incidents » sont-ils passés sous silence ? Qu’attend la police locale pour prévenir les médias lorsque des événements aussi dramatiques arrivent ? Personne n’accepterait et ne tolérerait – à raison ! – qu’un boulanger soit agressé sur son lieu de travail. Mais quand il s’agit des putes, tout est permis, et tout le monde s’en fout.
Notre rage est d’autant plus grande que la commune et son bourgmestre, Mr Emir Kir (PS), ne font rien pour arranger les choses, bien au contraire. Sous couvert d’une prétendue lutte contre la traite des êtres humains (où sont les résultats ? Où sont les chiffres ?), Emir Kir continue de mener sa chasse aux putes sans aucun scrupule, tout en restant soutenu par les hautes sphères du Parti socialiste, qui ne semblent pas s’inquiéter de la situation. Tout contact est rompu avec Emir Kir, qui a arrêté unilatéralement tout processus de concertation, se réfugiant dans son cabinet place Madou. En attendant tranquillement la prochaine morte ?
Pour l’administration communale, tout est de la responsabilité des TDS : le deal, les nuisances sonores, les incivilités dans la rue, etc. Pourtant, ce sont bien les TDS du quartier qui réclament plus de police en rue et plus de patrouilles ! Que fait donc l’administration communale avec les 3.300€ / an payés par chaque TDS, notamment pour assurer la sécurité dans le quartier ?
Ne nions pas également le caractère raciste de ces agressions : à chaque fois, il s’agit de femmes noires qui se font agresser, très certainement car l’on sait la plupart d’entre elles sans papiers et dans des positions d’extrême vulnérabilité. Est-ce vraiment la politique de certains socialistes, permettre l’agression de femmes migrantes, sans papiers, travailleuses du sexe, et précaires ? L’extrême droite n’aurait alors plus rien à leur envier.
Nous réclamons et exigeons que le PS, et notamment le ministre président Rudy Vervoort, se positionne pour obliger le bourgmestre Emir Kir à reprendre la concertation avec les acteurs de terrain. A l’heure où l’accord de gouvernement bruxellois prévoit une concertation intercommunale concernant la prostitution, il semble plus que temps de se mettre autour de la table et de travailler tou.te.s ensemble. Sinon, comme le disait une collègue du quartier Nord pas plus tard que ce matin : « La prochaine ne survivra pas ! ».