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Source: La libre.be

En matière de prostitution, l’accord du nouveau gouvernement propose notamment la mise en place d’une coordination intercommunale.

Le volet relatif à la prostitution présenté dans l’accord du nouveau gouvernement bruxellois (PS, Ecolo, Défi, Groen, Open VLD, one.brussels) est accueilli de façon mitigée par l’association Utsopi, le collectif de travailleuses et travailleurs du sexe. Dans le document, la nouvelle majorité propose notamment la mise en place d’une coordination intercommunale. Mais pour Utsopi, les mesures prises en matière de prostitution sont “largement insuffisantes.”

“Ils nous promettent dans ce document le strict minimum. Depuis qu’Utsopi existe on dit qu’il faut plus de policiers sur le terrain, pour assurer la sécurité des prostituées. On ne voit rien qui concerne ce point dans la déclaration de politique générale”, déplore Marie, porte-parole de l’association pour le quartier Nord. “Ils parlent d’une coordination intercommunale, mais il y a trois communes qui sont touchées par le problème et qui ont une approche très différente. Cette coordination ne sera pas efficace.”

D’après le collectif bruxellois, les problèmes les plus graves persistent à Saint-Josse. “Il y a une charte dans le règlement de la commune qui dit qu’il doit y avoir régulièrement des réunions entre la commune et les acteurs du terrain. Mais Emir Kir (bourgmestre PS de Saint-Josse, NdlR) ne veut pas nous parler”, poursuit Marie qui reconnaît que la situation est bien meilleure pour les travailleuses du sexe de Schaerbeek. “À Bruxelles-ville, le bourgmestre s’est ouvertement déclaré abolitionniste et il doit faire face à une prostitution beaucoup plus précaire, qui a lieu sur les trottoirs. C’est encore complètement différent.”

Après les élections de mai dernier, Utsopi avait, en collaboration avec d’autres acteurs du terrain, remis un memorandum aux négociateurs du gouvernement bruxellois. Le collectif demandait notamment d’être impliqué dans tous les débats et propositions qui concernent les travailleuses du sexe. En outre, les associations réclamaient la création de ‘Zones P’avec installations sanitaires qui permettraient aux prostituées de travailler en sécurité, “et d’éviter ainsi toute forme de harcèlement tant de certaines autorités, que de clients ou de délinquants.”

Le memorandum constitué en dix points contenait également des revendications visant davantage le gouvernement fédéral, telles que la reconnaissance de leur travail par ce dernier et la décriminalisation du travail du sexe. “En voyant ces quelques lignes consacrées à notre métier, on se rend compte qu’une fois de plus, les acteurs du terrain qui sont les plus au courant des besoins des travailleuses du sexe, n’ont pas été entendus”, conclut Marie.