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Source: Moustique.be 17/12/2018

La journée internationale contre les violences faites aux travailleurs du sexe inspire de nombreuses marches aux quatre coins du monde, dont une à Bruxelles. Pour dénoncer des « violences » très éloignées de celles qu’on aurait pu a priori imaginer.

« Nous n’avons rien, nous sommes absolument invisibles, nous n’existons pas aux yeux de la loi », nous confie Marie, membre active d’Utsopi, l’une des associations organisatrices de la marche de solidarité contre les violences faites aux travailleurs du sexe (TDS) prévue cette après-midi à Bruxelles. L’Union des Travailleurs Sexuels Organisés pour l’Indépendance est une sorte de syndicat « auto-organisé, pour plus d’enpowerment et d’autonomie ».

Il est rejoint aujourd’hui par les associations Espace P et Alias, à l’occasion de cette quinzième Journée internationale contre les violence faites aux travailleurs du sexe. Utsopi souhaite attirer l’attention sur les nombreux cas d’injustice vécus par les travailleurs du sexe dans notre pays. Elle indique dans une lettre ouverte conjointe avec Alias et Espace P que « les violences et injustices vécues par les TDS ne sont pas inhérentes à la pratique du métier mais davantage des conséquences directes des conditions dans lesquelles s’exerce l’activité du travail du sexe ». Ce que nous confirme Marie, TDS depuis une vingtaine d’années : « Cela fait 25 ans que je fais ce métier, je n’ai jamais été agressée par un client. Les principales violences à notre encontre, ce sont des violences constitutionnelles, des stigmatisations », explique-t-elle. « Ce que nous demandons, c’est un statut clair et net, comme tout autre travailleur ».